Les premiers clichés sur négatif de Bretagne

C’est très rare. Le musée vient d’accueillir huit photos réalisées par Louis-Rémy Robert, des calotypes de 1852

L’histoire

« C’est un lot exceptionnel » confie Laurence Prodhomme, conservatrice au musée de Bretagne installé à Rennes. « Les supposées premières photographies du Finistère et des Côtes d’Armor réalisées à partir d’un négatif ». Lors d’une vente, le musée vient d’acquérir pour 33000 euros sept négatifs et un positif réalisés par Louis-Rémy Robert, né en 1810.

Ses parents travaillaient à la manufacture de Sèvres (Hauts de Seine). Il a fait des études de chimie comme son père. « Dans les années 1840-1860, la question des photographies est de trouver le moyen de reproduire les images, ce que ne permet pas le daguerréotype. Il a été de ceux qui ont essayé de trouver un support qui permettrait de multiplier les images, souvent en bidouillant. »

Ses premiers travaux photographiques sont des portraits calotypes (procédé qui permet d’obtenir un négatif papier direct et de reproduire des images positives par simple tirage contact). Les calotypes ont, plus tard, été remplacés par les plaques de verre « très lourdes, puis par les premiers négatifs en nitrate de cellulose qui ont soulagé le dos des photographes ».

Reportage photo en Bretagne

Louis-Rémy Robert prend sa famille pour modèle, s’essaie également aux paysages et aux vues d’architecture. A la fois chercheur, scientifique et artiste, il est aujourd’hui reconnu comme un représentant essentiel de la photographie primitive française. En 1852 et 1853 Louis-Rémy Robert voyage en Bretagne. Il en rapporte une série de calotypes qui serviront de base à des lithographies exécutées par son gendre pour l’illustration d’un atlas publié en 1855. Son reportage met en valeur des monuments remarquables, essentiellement d’architecture religieuse come les cathédrales de Saint-Brieuc et de Tréguier, le portail de l’église de la Nativité de Notre-Dame de Beauport, le réfectoire et le cloître de l’abbaye de Beauport, le calvaire et l’ossuaire de Plougonven, ainsi que la façade d’un hôtel à Lanvollon. « Cet hôtel a été démonté en 1938 et vendu par la commune à la ville de Dinan qui le remontera « . Un seul lot a échappé à au musée de Bretagne, l’église Notre-Dame de Kénitron de Lanmeur qui s’est envolé à 4800 euros.

Ces clichés rejoignent les collections photographiques du musée de Bretagne, riches de près de 500 000 documents.

Agnès Le Morvan

(Extrait de Ouest-France, 28-29 Novembre 2020)

Chevet de la cathédrale Saint-Etienne à Saint-Brieuc