5 juin 2019 – Excursion en Avranchin

Qu’est-ce qu’une abbaye médiévale ? C’est ce que nos trois visites doivent nous permettre de voir et de comprendre, à travers l’exemple de l’abbaye de la Lucerne, plus accessible que celle du Mont-Saint-Michel. Mais, contraintes matérielles obligent, c’est par le prieuré d’Ardevon que nous commençons.

Marie-Line Canneva, membre de l’Association du Prieuré qui relève les ruines de cette annexe de l’abbaye du Mont-Saint-Michel, à l’étroit sur son rocher à 8 km de là, nous présente les différents bâtiments, entourés des champs qui alimentaient la communauté bénédictine. Le pigeonnier à ouverture zénithale, magnifiquement restauré, comporte 1 000 nichoirs, ce qui signifierait que les terres s’étendaient sur 500 hectares. Les pèlerins étaient accueillis dans ce prieuré comme ils le sont à nouveau aujourd’hui.

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Le prieuré, avec le logis abbatial autrefois transformé en étable

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La grange dîmière du XVème siècle où on pouvait entreposer 15 000 gerbes de blé

 

Au scriptorial d’Avranches, « blockhaus » de béton brut inséré dans des restes de murailles médiévales, sont exposés des documents provenant de l’abbaye du Mont-Saint-Michel. Ils ont été déposés en 1791 par décision révolutionnaire au chef-lieu de district, l’abbaye ayant été transformée en prison. On y voit le travail des moines copistes, les matières premières, les outils, les couleurs qu’ils utilisaient, et quelques exemplaires, avec et sans miniatures, des 199 manuscrits anciens parmi les quelques 13 000 ouvrages entreposés à la bibliothèque patrimoniale de l’Hôtel de ville. Ils ont toujours à nous apprendre : grâce aux moyens modernes d’investigation, il est possible de lire le texte effacé sur un palimpseste, c’est-à-dire un parchemin qui a été gratté et réécrit !

L’abbaye de la Lucerne : c’est une abbaye de l’ordre de Prémontré, fondée en 1143, dont les membres sont à la fois moines et prêtres. Selon la volonté de Saint-Augustin, inspirateur de leur Règle, ce sont les clercs qui mènent une vie commune et accomplissent le service paroissial. C’est l’exemple même de l’abbaye médiévale : un ensemble de bâtiments clos de murs, pour une communauté placée sous l’autorité d’un abbé.

Plusieurs fois détruite et reconstruite, elle est vendue à la Révolution et transformée en filature de coton en 1799, avant de tomber en ruines. En 1959, l’abbé Lelégard lance sa restauration, en suivant le plan initial et avec l’objectif d’y accueillir à nouveau une communauté.

– L’église est de style roman à la base, gothique dans les parties hautes, avec une décoration originale en dents de scie

– Le cloître, qui a perdu ses arcades va être reconstruit

– Le réfectoire a été complètement restauré

– Au-dessous, un beau cellier roman a été reconstruit de 1989 à 1993 4

– Le dernier logis abbatial, belle résidence de style classique, date du XVIIIème siècle 5

– Le colombier du XIIIème siècle, peut-être le plus ancien de Normandie, compte 1 500 trous, ce qui témoigne de l’importance de l’abbaye.

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Une photo de groupe pour conclure cette très belle journée

Marie-Jeanne Yvinec – AMEBB

 

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